Trente-quatre versions de logo avant de trouver le signe
Le journal de bord de Maurice Timsit : trente-quatre versions du signe, des pistes jetées une à une, jusqu’au 17 caché dans une menorah.
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Journal de bord
Au début
Je ne dessine rien. Six rapports dans la journée : design existant, secteur, audience, typographie et couleurs, réseaux sociaux, stratégie de marque. Aucune maquette avant la fin des audits.
Le soir
Les sites du secteur se ressemblent tous : bleu sur blanc, photo de groupe, ton « chaleureux et inclusif ». Je décide de sortir de là.
Le lendemain
Trois directions typographiques sur planche. Le client les regarde et dit qu’il veut un symbole, pas une typographie. Je range les trois planches.
Plus tard
Je reprends la menorah du Beth Habad et j’y cherche un 17. Premier trait à la souris, en rouge. Puis une menorah coupée en deux, qui se lit 1 7 7 7. Jolie idée de fin de soirée. Le 7 ressemble à une branche. Je dessine douze formes de 7 et seize formes de 1.

Encore une version
Je mélange la police et le dessin : le résultat est sale. Je jette tout et je reconstruis en vectoriel pur, un seul trait, aucune lettre de police.
Tard dans la nuit
Le client m’envoie une référence : une menorah de sept personnages. Je transforme chaque branche en silhouette. Corps ronds, 17 anguleux, ça ne tient pas ensemble. Il revient au signe droit.
Le matin suivant
Sept pistes de matière pour confirmer la première : Réserve, Fil, Mosaïque, Taille, Pinceau, Déchirure, Calame. J’en jette trois, qui ne sont que des filtres. Le client choisit le signe nu.
Un soir, très tard
Le client me reproche mes distances. Je mesure au pixel : mes vides vont de 0,38 à 0,70 selon l’endroit. Je fixe un seul vide pour tout le signe et je le fais vérifier à chaque version.
Version 34
Le signe est là. Le 1 est le fût de la menorah, le 7 sa branche extérieure droite. Même trait, même pente, même vide. Le 17 se lit d’un coup d’œil, la menorah se reconnaît.

Après le signe, les couleurs
Cinq palettes sur le vrai kit, à l’endroit et à l’envers. Je les jette toutes, dont une qui ressemble trop à un autre projet de la maison. Six accents sur blanc et sur noir, puis le bleu ciel. Le client dit « il manque l’orange » : le pêche entre en second accent.
Plus tard encore
Trois séries de flammes tracées à la main, trois séries refusées : aucune relation avec le signe. Je repars d’une feuille blanche et je construis la flamme au compas, un cercle pour le ventre, un autre pour le flanc, un petit pour la lèche.

La story de la fête
Première version : refusée. Deuxième : trop proche d’un modèle existant, jusqu’au grain. Je la refais à neuf, avec une photo de la maison, une pastille de date et une barre pêche.

La remise
Un graphiste a lu le kit et peut le défendre. Onze pages, un visuel et une ligne par page. Les versions jetées sont rangées et datées : elles montrent à la maison ce qu’elle ne veut pas être.
Aujourd’hui
Le client reprend le crayon et garde l’idée : le 17 dans la menorah. Il dessine les deux logos définitifs. Celui de la Maison des Jeunes, avec la menorah dans la flamme. Et celui du Beth Loubavitch Monceau, la maison mère, qui porte maintenant le même signe.

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